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Le bien-être au travail est-il un phénomène de mode ou une véritable nécessité économique ?

Lors de la matinée de tables rondes organisées lors du 4ème Sommet économique de la santé en mai dernier à Montpellier, cette question a été posée. Tous les intervenants s’accordent pour confirmer que se sentir mieux au travail contribue à augmenter la performance donc économiquement, c’est bien une nécessité.

Dans l’article ci-dessous, vous trouverez le contenu des principaux échanges qui ont eu lieu.

 

Table ronde 1: « Du constat médical à la baisse de la compétitivité »

En région Occitanie, la médecine du travail constate une augmentation des plaintes liées aux conditions de travail.

Un taux d’absentéisme de 7 à 8% dans une entreprise est un indicateur d’alerte. L’absentéisme est l’affaire de tous, pas seulement des DRH. Il faut agir collectivement. Il faut noter qu’ il y a moins d’absentéisme dans les TPE/PME car il y a plus de sens collectif du travail.

Un cas sur deux d’inaptitude au travail est désormais lié aux risques psycho-sociaux. En moyenne, un burn-out entraîne un arrêt de travail de 6 mois. En région Occitanie, les secteurs d’activités où le personnel est le plus touché sont la santé humaine, le commerce et l’hôtellerie. Les visites obligatoires sont passées de tous les 2 ans à tous les 5 ans sauf cas particuliers. Actuellement, les visites à la demande des salariés explosent.

Aujourd’hui, 75% des actions menées par la médecine du travail entrent dans le cadre de la prévention tertiaire (1).

La représentante de la fabrique Spinoza (2) affirme que le bien-être est un élément de performance. Quand les émotions sont positives alors nous sommes plus à même de résoudre des problèmes. Des travaux scientifiques confirme cela : sérotonine et dopamine sont sécrétées plus largement et contribuent à traiter plus facilement toute tâche à réaliser.

Le bien-être au travail doit faire partie de la culture de l’entreprise. Les valeurs indispensables à cette culture sont la confiance, la bienveillance et la reconnaissance.

Aujourd’hui, il existe une labellisation « Great Place to Work » dont les outils permettent d’évaluer le bonheur au travail dans une entreprise donnée. L’ARACT, l’Agence Régionale de d’Amélioration des Conditions de Travail, est un acteur de l’évaluation des conditions de travail et peut être consulté par les entreprises désireuses d’agir dans ce domaine.

 

Table ronde 2 : « Du DRH au CHO (Chief Happyness Officer) »

Les DRH des sociétés Dell, Harmonie Mutuelle, Société Générale et Gnosis Santé sont intervenues.

Chez Dell, des enquêtes régulières sont réalisées auprès des salariés. Des formations en développement personnel sont proposées (dont coaching, formation). L’entreprise Dell est classée 6ème « Great place to Work » en France sur l’ensemble des entreprises de plus de 500 salariés. La démarche « Well at Dell » a été mise en place chez Dell (sophrologie, méditation) et contribue à ce classement.

Chez Harmonie Mutuelle, de nombreuses actions de prévention sont réalisées. On estime qu’un euro investi permet de produire 2,2 euros.

L’entreprise Gnosis Santé propose des check-up complets personnalisés aux chefs d’entreprise. La prévention est aussi mise en avant.

En terme de prévention d’ailleurs, la France a dix années de retard sur les pays les plus avancés en la matière (en particulier les pays nordiques). Les facteurs de risque des chefs d’entreprise sont élevés en raison principalement de la solitude et du stress. En 2020, selon le médecin de Gnosis Santé, la seconde cause de maladie sera la dépression.

Le stress coûte chaque année 2 à 3 millions d’euros (soit 2 à 3% du PIB français). 60% est du à un haut niveau de stress. En 20 ans, c’est 20% de plus. C’est ce que rapporte un enseignant en Stratégie et Management de MBS (Montpellier Business School). Selon lui, il faut mener des actions de sensibilisation auprès des managers : communication non violente, restauration, nourriture de qualité, sport, relaxation, bienfaits de la sieste. 75% des salariés quitteraient leur entreprise à cause de leur manager. La posture managériale est définie par le dirigeant. Il faut mettre en place un management bienveillant. Il est difficile de motiver ses collaborateurs. Par contre, il est aisé de les démotiver.

Un facteur de motivation est l’innovation. Il faudrait favoriser le slow management et la simplification des process. Un nouveau métier fait d’ailleurs son apparition actuellement : la Simplification des Process.

Un représentant de la Maison Chabanol (boulangeries) confirme que l’ergonomie des postes est importante. Savoir utiliser son corps, bien bouger et optimiser les gestes sont des facteurs de réussite professionnelle et de performance pour l’entreprise.

 

Table ronde 3 : « Du développement personnel aux nouvelles organisations du travail »

Le travail de coaching des managers est très intéressant et très efficace.

Les soins énergétiques sont des outils d’aide au centrage et à l’efficacité. Il est redit l’importance du lien entre corps et esprit : Les deux sont liés et travaillent ensemble.

Une personne de la société SteelCase spécialisée en aménagement des espaces de travail nous confirme l’importance de l’environnement de travail. Il existe cinq postes à satisfaire sur un lieu de travail (dont collaborer, se sociabiliser, se régénérer et se rencontrer). Des espaces particuliers peuvent créer afin de favoriser les échanges, le mieux-être et au final la performance des activités.

Le dirigeant de la société la Valériane propose depuis 2014 des outils numériques afin de réaliser des bilans de santé et d’améliorer la prise en charge de la santé de chacun. Il est important que les individus s’impliquent pour prendre soin de leur santé.

La fondatrice de la société Yogist nous explique comment elle a été amené à proposer aux entreprises des exercices faciles à réaliser sur le lieu de travail. Ce sont des exercices inspirés du Yoga et qui permettent, quand pratiqués régulièrement, de soulager les tensions physiques et de se détendre. L’intérêt de ces exercices est que l’individu est actif.

 

En conclusion, le bien-être au travail n’est plus un effet de mode. C’est bel et bien un moyen d’améliorer la performance de chacun, et par conséquent d’améliorer la performance au travail.

 

(1) La prévention primaire vise à éviter l’apparition d’une maladie ou d’un problème de santé. La prévention secondaire vise à stopper ou à retarder l’évolution d’une maladie, ou à réduire le risque de rechute et de chronicité. La prévention tertiaire intervient après la survenue de la maladie et vise à réduire les dégâts dus à la maladie, les rechutes, les récidives, les invalidités.

(2)La mission de la Fabrique Spinoza est de redonner au bonheur sa place au cœur de notre société, qu’il soit un objet central, un objet scientifique, philosophique, démocratique, traversant et à impact positif

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